C'est la question que j'entends le plus souvent ces temps-ci. On regarde les prix, on regarde les taux, et on se demande s'il vaut mieux acheter maintenant ou laisser passer l'hiver et viser le printemps. Ma réponse courte : ça dépend de vous, pas du calendrier. Voici le raisonnement complet.
Ce que l'automne vous donne tout de suite
Le choix, d'abord. En septembre, il y avait 4 050 propriétés à vendre sur la Rive-Sud, soit 32 % de plus qu'un an plus tôt, selon l'APCIQ. Un acheteur a donc nettement plus d'options qu'à la même date l'an dernier. Il peut comparer, prendre son temps, et surtout refuser une maison qui ne lui convient pas à moitié sans craindre qu'il ne reste rien après.
Les prix, ensuite, tiennent sans s'emballer. Le prix médian d'une unifamiliale sur la Rive-Sud s'établissait à 640 300 $ en septembre, à peu près stable sur un an. Du côté des condos, on parlait de 405 500 $, un recul léger. Rien qui pousse à se précipiter par peur de voir le prix grimper de 10 % en six mois, comme c'était le cas il y a quelques années. L'urgence a changé de camp.
Et le rythme des ventes raconte la même chose. Il s'est conclu 746 transactions en septembre sur la Rive-Sud, 7 % de moins que l'an dernier, mais 12 % de plus que le mois d'août. Autrement dit, le marché d'automne est bien vivant, il est juste moins pressé. Une unifamiliale correctement affichée trouvait preneur en 37 jours environ. Les condos, eux, prenaient près de 57 jours à se vendre. Ce délai, pour un acheteur, c'est de la marge pour négocier.
Ce que le printemps pourrait changer
Le printemps a sa logique, et elle est réelle. C'est la saison où le plus de vendeurs mettent leur maison en marché. Vous aurez donc des inscriptions fraîches, des propriétés qui n'ont pas encore traîné, et souvent le plus beau des choix de l'année. Si vous cherchez un type de maison précis dans un secteur précis, attendre peut vouloir dire tomber enfin sur la bonne.
Le revers, c'est que vous ne serez pas seul à penser comme ça. Le printemps ramène aussi les acheteurs. Les gens qui ont reporté leur projet cet automne reviennent tous en même temps, et la concurrence remonte avec eux. Sur une belle propriété bien affichée, on repasse vite des visites tranquilles aux offres multiples. Le surplus d'inscriptions dont profite l'acheteur en ce moment peut se résorber en partie si la demande repart avant l'offre.
Et si on attendait une baisse de taux?
C'est l'argument qui revient le plus pour justifier l'attente. Je comprends, mais je le trouve fragile. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre, et sa prochaine décision tombe le 28 octobre. Les meilleurs taux fixes de cinq ans au Québec tournent autour de 4,4 % et ont plutôt tendance à remonter légèrement cet automne, pas à fondre. Personne ne vous garantit un taux plus bas au printemps. Et même si une baisse arrivait, elle risque de ramener d'un coup les acheteurs qui attendaient le même signal, ce qui met de la pression sur les prix. On peut économiser sur le taux et payer la différence sur le prix d'achat. Acheter quand c'est calme et refinancer plus tard si les taux descendent reste, bien souvent, la stratégie la plus simple.
Ce que ça veut dire pour vous
- Vous achetez pour habiter : si vous êtes prêt, financièrement et personnellement, l'automne travaille pour vous. Vous avez le choix, du temps pour faire inspecter, et des vendeurs plus ouverts à une offre réfléchie sur une maison affichée depuis six ou huit semaines. Visez les inscriptions qui ont un peu vieilli et regardez l'historique de prix avant d'offrir. Attendez le printemps seulement si le type de propriété que vous cherchez est rare dans votre secteur et que rien d'actuel ne vous convient vraiment.
- Vous vendez pour racheter : le calcul se fait sur les deux transactions, pas sur une seule. Si vous vendez et rachetez dans le même marché, un printemps plus cher à la vente est aussi un printemps plus cher à l'achat. Vendre cet automne, quand une maison bien affichée part encore en 37 jours, puis acheter pendant que le choix est large, peut vous placer des deux bons côtés. J'en parle dans mon texte sur vendre d'abord ou acheter d'abord.
- Vous achetez pour investir : les condos et les plex qui restent 57 à 61 jours au marché sont exactement là que se négocient les meilleures entrées. Un vendeur dont l'immeuble traîne depuis deux mois écoute une offre sérieuse appuyée sur les revenus. Gardez votre discipline sur le prix et le taux de capitalisation, et profitez du fait que la concurrence d'investisseurs est plus mince qu'elle le sera au printemps.
Il n'y a pas de bonne saison universelle, il y a votre dossier. Votre budget, votre financement, le secteur visé et ce qui est disponible cette semaine comptent bien plus que le mois inscrit au calendrier. Si vous hésitez entre acheter maintenant et patienter, regardons ensemble ce qui se vend dans votre fourchette et à quelles conditions. Demandez une évaluation gratuite ou écrivez-moi, et on fait le point sur vos chiffres. Vous pouvez aussi lire mon analyse sur la question les prix vont-ils baisser sur la Rive-Sud.
Sources
- APCIQ — Statistiques mensuelles détaillées (septembre 2026), province et régions
- APCIQ — Les ventes se stabilisent et les inscriptions augmentent : le rééquilibrage se poursuit en septembre
- Journal Métro — Marché immobilier de la Rive-Sud de Montréal, septembre 2026 (données APCIQ)
- Banque du Canada — Taux directeur maintenu à 2¼ % (2 septembre 2026), prochaine décision le 28 octobre
- Ratehub — Meilleurs taux hypothécaires au Québec (octobre 2026)