Il y a 20 894 propriétés en vente dans le Grand Montréal en ce moment. C'est 17 % de plus qu'il y a un an, et l'inventaire monte depuis onze mois sans interruption. Dans un marché comme celui-là, le prix affiché le premier jour décide de presque tout. Voici comment je le fixe avec mes clients.

Le contexte a changé, la méthode aussi

Les chiffres de juin publiés par l'APCIQ confirment la tendance : 4 012 ventes résidentielles dans la région métropolitaine, un recul de 8 % sur un an, pendant que l'offre continue de grossir. L'acheteur de 2026 a du choix. Il visite plus, compare plus, et n'a plus peur de laisser passer une propriété. En 2021, il devait se décider en 48 heures. Aujourd'hui, il peut attendre.

20 894
Propriétés en vente, RMR de Montréal (+17 % sur un an)
-8 %
Ventes en juin 2026 vs juin 2025
11 mois
De hausse consécutive de l'inventaire

Ça ne veut pas dire que les prix s'effondrent. Ils tiennent, et sur la Rive-Sud une propriété bien évaluée se vend encore autour de 98 % du prix demandé. La nuance est là : bien évaluée. La propriété affichée trop cher, elle, ne reçoit pas d'offre plus basse. Elle ne reçoit rien du tout.

Pourquoi les deux premières semaines décident de tout

Quand une inscription sort, elle profite d'un moment unique : tous les acheteurs actifs du secteur la voient en même temps, avec leurs alertes Centris. C'est la période où l'achalandage est au maximum. Si le prix accroche, les visites arrivent, parfois plusieurs offres. Si le prix dépasse ce que les comparables justifient, les acheteurs cliquent, comparent et passent au suivant.

Après un mois sans action, le réflexe classique est de baisser le prix. Le problème : les acheteurs voient l'historique. Une propriété qui a baissé une fois attire les offres agressives. Une propriété qui a baissé deux fois envoie le message que le vendeur est pressé. On finit souvent par vendre sous le prix qu'un positionnement juste aurait donné dès le départ.

Le prix trop élevé ne fait pas gagner de l'argent au vendeur. Il fait vendre la propriété du voisin, celle qui est affichée au bon prix, une porte plus loin.

Ma méthode en trois vérifications

1. Les ventes fermes des 90 derniers jours. Pas les prix affichés, les prix vendus. Dans un marché qui bouge, un comparable de l'automne dernier vaut peu. Je regarde ce qui s'est réellement signé dans le secteur depuis avril, ajusté pour l'état, la superficie et le stationnement.

2. La concurrence active. Votre vraie compétition, c'est ce que l'acheteur peut visiter la même fin de semaine que chez vous. S'il y a six propriétés semblables en vente dans votre quartier, votre prix doit se défendre contre chacune d'elles. Avec l'inventaire actuel, cette liste est plus longue qu'avant.

3. Le seuil psychologique et les filtres de recherche. Un prix de 605 000 $ disparaît des recherches plafonnées à 600 000 $. Afficher 599 000 $ peut littéralement doubler le nombre d'acheteurs qui voient la fiche. Ce détail technique vaut souvent plus que les 6 000 $ d'écart.

Et les taux dans tout ça?

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % en juin, et les marchés s'attendent à un statu quo à l'annonce du 15 juillet. Les meilleurs taux hypothécaires se situent autour de 3,94 % pour un 5 ans fixe assuré et 3,35 % pour un variable. C'est stable, et c'est une bonne nouvelle pour les vendeurs : les acheteurs peuvent calculer leur budget sans surprise.

Il y a par contre un facteur qui pèse sur leur capacité de payer : la vague de renouvellements. Environ le tiers des détenteurs d'hypothèque au Canada renouvellent d'ici la fin de 2026, avec des paiements en hausse d'environ 20 % en moyenne pour ceux qui avaient signé un taux fixe en 2021. L'acheteur qui vend pour racheter absorbe souvent cette hausse en même temps. Son budget est réel, mais il est compté. Un prix gonflé de 25 000 $ le disqualifie, tout simplement.

Ce que ça veut dire pour vous

  • Vous vendez cet été : exigez une analyse comparative fondée sur les ventes fermes récentes, pas sur les prix affichés. Positionnez-vous pour être dans les deux ou trois meilleures options de votre segment dès la première semaine.
  • Votre propriété est déjà en vente et rien ne bouge : le marché vous a répondu. Une correction rapide et franche vaut mieux que trois petites baisses étalées sur l'été. Refaites aussi les photos si la fiche date du printemps.
  • Vous achetez : le choix joue pour vous, mais les propriétés bien évaluées partent encore vite. Gardez vos alertes serrées et votre préapprobation à jour. Les taux actuels ne devraient pas bouger beaucoup d'ici l'automne.

Vous voulez savoir ce que votre propriété vaut réellement dans le marché de juillet, à Brossard, Saint-Lambert, Longueuil, La Prairie ou Candiac? Demandez une évaluation gratuite ou écrivez-moi directement. Je réponds personnellement.