Le marché du Grand Montréal se détend depuis des mois : plus d'inscriptions, moins de ventes, des acheteurs qui prennent leur temps. Mais un segment ne suit pas le mouvement. La maison unifamiliale se vend encore en 30 jours en moyenne, et son prix médian a monté de 3 % sur un an. Voici ce qu'elle coûte réellement, ville par ville, sur la Rive-Sud.

Le segment qui résiste

Les données de juin publiées par l'APCIQ confirment le portrait d'ensemble : 4 012 ventes résidentielles dans la région métropolitaine, en baisse de 8 % sur un an, et 20 894 propriétés en vente, une onzième hausse mensuelle consécutive de l'inventaire. Sur papier, tout ralentit.

Mais quand on regarde par catégorie, l'écart saute aux yeux. En mai, une copropriété prenait en moyenne 47 jours à se vendre, sept de plus qu'un an plus tôt. Une maison unifamiliale : 30 jours, un délai qui a raccourci. Le prix médian de l'unifamiliale dans la RMR a progressé de 3 % pour atteindre environ 645 000 $, pendant que celui de la copropriété avançait de 1 % à peine. L'APCIQ est claire : les vendeurs conservent l'avantage dans le segment de la maison, même si le marché global se rééquilibre.

30 jours
Délai de vente moyen d'une unifamiliale, RMR de Montréal
645 000 $
Prix médian d'une unifamiliale, RMR (+3 % sur un an)
20 894
Propriétés en vente en juin (+17 % sur un an)

La raison est simple : l'offre de maisons monte beaucoup moins vite que celle des condos. En mai, l'inventaire de copropriétés a bondi de 19 %, celui des unifamiliales de 9 % seulement. Il y a plus de familles qui cherchent une maison sur la Rive-Sud que de maisons à leur offrir. Ça ne changera pas cet été.

Ce que ça coûte, ville par ville

La Rive-Sud n'est pas un marché, c'est une dizaine de marchés. Entre une unifamiliale à Châteauguay et une équivalente à Saint-Lambert, l'écart peut dépasser le double. Voici les fourchettes de prix médians observées en 2026, selon les données de l'APCIQ et les analyses sectorielles :

  • Longueuil (Vieux-Longueuil, Saint-Hubert, Greenfield Park) : de 540 000 à 620 000 $. Le secteur le plus diversifié, avec le métro et la future station REM à Saint-Hubert.
  • Brossard : de 720 000 à 850 000 $. L'effet REM y est déjà capitalisé dans les secteurs Solar et DIX30, où plusieurs propriétés dépassent 900 000 $.
  • Saint-Lambert : de 800 000 à 1 100 000 $. Le haut de gamme de la Rive-Sud, avec peu de transactions et des propriétés patrimoniales au-delà de 1,5 million.
  • Saint-Bruno-de-Montarville : de 700 000 à 850 000 $. Prisé des familles, avec des secteurs près du parc national qui touchent le million.
  • Boucherville : de 700 000 à 900 000 $. Demande soutenue, bien desservie par les autoroutes 20 et 30.
  • La Prairie et Candiac : de 520 000 à 650 000 $. Le meilleur compromis qualité-prix pour les jeunes familles, avec de bonnes écoles et des quartiers établis.
  • Saint-Constant et Sainte-Catherine : de 475 000 à 560 000 $. L'extension prévue du REM vers Sainte-Catherine pourrait changer la donne d'ici quelques années.
  • Châteauguay : de 460 000 à 540 000 $. La porte d'entrée la plus accessible de la Rive-Sud pour un premier achat de maison.
Une différence de 15 minutes de trajet peut représenter 300 000 $ d'écart de prix pour une maison comparable. Sur la Rive-Sud, le choix de la ville est la décision financière la plus importante de l'achat.

Deux facteurs qui changent le calcul

Le REM. Les propriétés situées à moins de 500 mètres d'une station en service se vendent avec une prime de 10 à 18 % par rapport au reste de leur quartier. À Brossard, cette prime est déjà dans les prix. Pour Sainte-Catherine et Saint-Hubert, où les stations sont encore à l'état de projet, elle ne l'est pas complètement. Un acheteur patient peut en profiter.

Les taxes. Les villes de la Rive-Sud appliquent le barème provincial standard pour les droits de mutation, sans les tranches majorées de Montréal. Pour une propriété de 700 000 $, la taxe de bienvenue revient à environ 7 985 $ sur la Rive-Sud, contre 9 611 $ à Montréal. À cela s'ajoutent des taux de taxes municipales qui varient d'une ville à l'autre : sur une maison de 600 000 $, l'écart entre deux municipalités voisines peut représenter plus de 1 000 $ par année.

Et les taux, cette semaine?

La Banque du Canada annonce sa décision ce mercredi 15 juillet. Le taux directeur est à 2,25 % depuis mars et les marchés obligataires s'attendent très majoritairement à un statu quo. Les meilleurs taux hypothécaires se situent autour de 3,94 % pour un 5 ans fixe assuré et 3,35 % pour un variable. Pour un acheteur, ça veut dire un budget prévisible. Pour un vendeur, ça veut dire des acheteurs capables de s'engager.

Ce que ça veut dire pour vous

  • Vous vendez une maison unifamiliale : vous êtes dans le seul segment où le rapport de force vous favorise encore clairement. Mais l'acheteur de 2026 compare tout. Une maison bien préparée et évaluée sur les ventes fermes récentes de votre ville se vend en un mois. Une maison surévaluée regarde passer les autres.
  • Vous cherchez une maison : les délais courts ne pardonnent pas l'hésitation. Préapprobation à jour, alertes ciblées sur deux ou trois villes plutôt qu'une seule, et une idée claire de la prime que vous êtes prêt à payer pour la proximité du REM ou d'une école précise.
  • Vous hésitez entre deux villes : faites le calcul complet. Prix d'achat, droits de mutation, taxes municipales, coût du transport. La ville la moins chère à l'achat n'est pas toujours la moins chère à vivre.

Vous voulez savoir ce que votre maison vaut dans le marché actuel, ou ce que votre budget permet réellement à Brossard, Saint-Lambert, La Prairie ou Candiac? Demandez une évaluation gratuite ou écrivez-moi directement. Je réponds personnellement.