Depuis deux ans, les acheteurs couraient après un marché qui ne les attendait pas. Cet été, le rapport de force a changé. Il y a plus de propriétés en vente qu'à n'importe quel moment de la dernière décennie, le taux directeur ne bougera pas avant septembre, et les prix montent lentement au lieu de s'envoler. Voici comment lire ce marché et acheter au bon moment sur la Rive-Sud.
Pourquoi l'été joue pour vous
En juin, la région métropolitaine de Montréal comptait 20 894 propriétés à vendre dans Centris, en hausse de 17 % sur un an. C'est le onzième mois de suite où l'offre augmente. En même temps, le nombre de ventes recule : 4 012 transactions en juin, soit 8 % de moins qu'il y a un an. Plus de choix, moins de concurrence pour chaque propriété. Pour un acheteur, ces deux chiffres racontent la même histoire.
Le prix, lui, ne s'effondre pas. La maison unifamiliale se vend à un prix médian de 649 000 $ dans la région, en hausse de 4 % sur un an. La copropriété est à 435 000 $, en hausse de 2 %. Autrement dit, vous n'achetez pas dans un marché qui perd de la valeur. Vous achetez dans un marché qui vous laisse enfin le temps de bien choisir.
1. Faites préapprouver votre financement avant de visiter
C'est l'étape que trop d'acheteurs remettent à plus tard. Une préapprobation vous fige un taux pendant 90 à 120 jours. Elle couvre donc largement la prochaine décision de la Banque du Canada, le 2 septembre. Le taux fixe de cinq ans moyen tourne autour de 4,9 % au Québec, mais des taux près de 4,1 % existent selon votre dossier et votre mise de fonds. La différence entre 4,9 % et 4,3 % sur un prêt de 400 000 $ représente plus de 130 $ par mois. Magasinez le financement comme vous magasinez la maison.
2. Servez-vous du choix comme d'un levier
Quand une seule propriété correspond à vos critères, vous négociez mal. Quand il y en a cinq, vous négociez bien. L'inventaire actuel vous donne exactement ça. Vous pouvez déposer une offre conditionnelle sans craindre de tout perdre au profit d'un autre acheteur le lendemain. Vous pouvez demander une inspection, un délai raisonnable, un ajustement de prix appuyé sur des ventes comparables. Les vendeurs le savent, et beaucoup sont prêts à discuter.
Un marché qui vous laisse poser des conditions est un marché où l'on n'achète pas dans la panique.
3. Ne renoncez jamais à l'inspection
Pendant la surchauffe, des acheteurs sautaient l'inspection pour rendre leur offre plus attrayante. Cette pression a disparu. Gardez la condition d'inspection. Sur une maison de trente ou quarante ans, un toit, une fondation ou une entrée d'eau en fin de vie peuvent représenter des dizaines de milliers de dollars. Le rapport vous donne aussi un vrai argument de négociation s'il révèle des travaux à prévoir. C'est une protection, pas une formalité.
4. Regardez le bon segment, pas la moyenne
Le marché n'est pas homogène, et c'est là que le choix du quartier et du type de propriété compte. La copropriété est le segment qui se détend le plus vite : le délai de vente moyen s'est allongé à 47 jours, et certains secteurs centraux favorisent maintenant nettement les acheteurs. C'est le meilleur terrain pour négocier. La maison unifamiliale reste plus disputée, elle se vend encore autour de 38 jours, alors préparez une offre solide. Le plex garde la faveur des investisseurs, avec un prix médian de 880 000 $ en hausse de 6 %. Chaque segment a sa propre logique. Mon point de marché de juillet détaille ces écarts.
5. Achetez avant la rentrée si vous le pouvez
L'été est calme sur le marché, et ce calme vous sert. Moins d'acheteurs actifs en juillet et en août, des vendeurs qui veulent conclure avant l'automne. À la rentrée, l'activité remonte souvent, et si la Banque du Canada abaisse son taux le 2 septembre, une partie des acheteurs qui attendaient reviendront d'un coup. Acheter maintenant, c'est profiter d'une fenêtre où vous avez le temps et le choix, avant que la concurrence ne se resserre.
Ce que je retiens
L'été 2026 offre aux acheteurs quelque chose de rare sur la Rive-Sud : de l'espace pour décider. Des taux stables jusqu'en septembre, un inventaire au plus haut en dix ans, des prix qui tiennent sans flamber. La bonne stratégie n'est pas d'attendre une baisse hypothétique, c'est de se préparer maintenant : financement préapprouvé, quartier ciblé, conditions bien posées. Si vous voulez qu'on regarde votre budget et les secteurs qui collent à votre projet, écrivez-moi ou appelez au 438 830-9581. Et si vous vendez pour racheter, l'évaluation de votre propriété est gratuite.
Sources
- APCIQ — Marché immobilier : la RMR de Montréal poursuit son ralentissement graduel en juin 2026
- Banque du Canada — Maintien du taux directeur à 2¼ %, 15 juillet 2026
- Ratehub — Meilleurs taux hypothécaires fixes sur 5 ans au Canada (juillet 2026)
- Journal Métro — Marché immobilier du Grand Montréal, juin 2026