On met la maison en vente, on attend les visites, et le téléphone reste tranquille. Deux semaines passent, puis trois. La première question qu'on me pose est toujours la même : qu'est-ce qui cloche avec ma maison? La plupart du temps, la maison va très bien. C'est le prix qui ne passe plus.
Pourquoi le prix décide de tout cet automne
Le rapport de force a changé. En septembre, il y avait 4 050 propriétés à vendre sur la Rive-Sud, soit 32 % de plus qu'un an plus tôt, selon les chiffres de l'APCIQ. Pendant ce temps, les ventes ont reculé de 7 %, à 746 transactions. Traduit simplement : plus de maisons sur le marché, moins d'acheteurs pour les absorber. Celui qui magasine aujourd'hui a l'embarras du choix, et il compare.
La Banque du Canada n'a pas ouvert les vannes non plus. Elle a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre, et sa prochaine décision tombe le 28 octobre. Les taux fixes de cinq ans tournent autour de 4,4 % et ont plutôt tendance à remonter cet automne. Le budget des acheteurs ne gonfle pas. Quand l'argent coûte le même prix et qu'il y a beaucoup plus de choix qu'avant, c'est le prix d'affichage qui fait le tri.
Les signes que votre prix est trop haut
Le marché vous parle, même quand le téléphone est silencieux. Voici ce que j'observe dans les dossiers qui stagnent.
Les deux ou trois premières semaines sont décisives. C'est le moment où votre inscription est neuve, où elle remonte dans les recherches et où les acheteurs sérieux la voient en premier. Peu ou pas de visites pendant cette fenêtre, c'est presque toujours une question de prix, pas de photos ni de saison.
Beaucoup de visites mais aucune offre, c'est un autre signal, plus subtil. Les gens viennent voir parce que la maison a l'air intéressante en ligne, puis repartent parce que le prix ne correspond pas à ce qu'ils ont devant eux. Et quand les commentaires des courtiers acheteurs reviennent tous sur le même point, ça cesse d'être une opinion. Regardez aussi ce qui s'est vendu près de chez vous ces deux derniers mois, pas ce qui est affiché. Les prix demandés racontent les espoirs des vendeurs. Les prix vendus racontent la vérité.
Quand ajuster, et de combien
Le réflexe, c'est d'attendre encore une couple de semaines pour voir. C'est souvent l'erreur qui coûte le plus cher. Plus une inscription vieillit, plus les acheteurs se demandent ce qui ne va pas, et plus elle finit par se vendre sous sa valeur. La maison perd sa fraîcheur, et avec elle son pouvoir de négociation.
Si les trois premières semaines sont tranquilles, je recommande d'agir autour de la quatrième ou de la cinquième. Et quand on ajuste, on ajuste pour vrai. Baisser de 1 %, c'est jeter un peu d'argent sans rien changer, parce que personne ne le remarque. L'idée, c'est de retomber dans la tranche où les acheteurs cherchent réellement. Une maison affichée à 539 000 $ qui descend à 499 000 $ apparaît soudainement dans toutes les recherches plafonnées à 500 000 $. C'est un bassin d'acheteurs au complet qui s'ouvre d'un coup.
Mieux vaut un ajustement franc, une seule fois, que trois petites baisses étalées sur deux mois. La série de baisses envoie le message qu'on est pressé et qu'on finira par céder sur tout. Un seul réalignement, calé sur les comparables vendus, envoie le message qu'on connaît son marché et qu'on a affiché un vrai prix.
Ce que ça veut dire pour vous
- Vous vendez : fixez le prix de départ sur les ventes récentes, pas sur le montant que vous aimeriez obtenir ou que le voisin demande. Donnez-vous une règle avant même d'afficher : si les trois premières semaines sont silencieuses, on réévalue, sans drame. Ça évite de défendre un chiffre par orgueil pendant que l'inscription s'use. Je pars toujours d'une analyse des comparables, et j'en parle dans mon texte sur comment fixer son prix de vente.
- Vous achetez : les inscriptions qui traînent sont votre terrain de jeu. Une maison affichée depuis six ou huit semaines a souvent un vendeur prêt à écouter une offre réfléchie. Regardez la date de mise en marché et l'historique de prix avant d'offrir : vous saurez qui a de la marge et qui vient tout juste d'arriver sur le marché.
- Vous vendez un plex ou un immeuble à revenus : ici, le prix ne se défend pas avec des émotions, il se défend avec des chiffres. Un investisseur paie en fonction des revenus et du rendement, pas du coup de cœur. Si votre prix dépasse ce que les loyers soutiennent, l'immeuble va rester affiché, point. Alignez l'affichage sur le taux de capitalisation réel du secteur, pas sur l'espoir.
Ces repères valent pour la Rive-Sud en général. Votre maison, elle, a son propre dossier : son secteur, son état, sa concurrence directe cette semaine. Si la vôtre stagne, ou avant même de l'afficher, parlons des vrais comparables et d'un prix qui la fait vendre plutôt que patienter. Demandez une évaluation gratuite ou écrivez-moi, et on regarde vos chiffres ensemble.
Sources
- APCIQ — Statistiques mensuelles détaillées (septembre 2026), province et régions
- APCIQ — RMR de Montréal : le rééquilibrage du marché gagne les couronnes
- Journal Métro — Marché immobilier de la Rive-Sud de Montréal, septembre 2026 (données APCIQ)
- Banque du Canada — Taux directeur maintenu à 2¼ % (2 septembre 2026), prochaine décision le 28 octobre
- Ratehub — Meilleurs taux hypothécaires au Québec (octobre 2026)