Ça faisait plus de deux ans que je n'avais pas écrit cette phrase : la Banque du Canada a monté son taux. Le 28 octobre, elle l'a relevé d'un quart de point, à 2,5 %. Bien du monde s'attendait à un autre maintien. Voici ce que la hausse change concrètement, chiffres à l'appui, et ce que vous pouvez faire cette semaine.

Ce qui s'est passé le 28 octobre

La Banque a fait passer son taux directeur de 2,25 % à 2,5 %. C'est sa première hausse depuis juillet 2023, et elle met fin à une longue série de maintiens. La raison tient en un mot : l'inflation est repartie. L'indice des prix à la consommation a monté de 3,1 % sur un an en septembre, porté surtout par l'énergie, l'essence en tête à près de 28 % de plus qu'un an plus tôt. La Banque veut éviter que cette poussée de l'énergie se propage au reste des prix. Dans son rapport, elle prévoit maintenant une inflation au-dessus de 3 % pendant une bonne partie de 2027.

Le gouverneur Tiff Macklem a été prudent sur la suite. Il a dit que le conseil déciderait une réunion à la fois, qu'une autre hausse reste possible, mais qu'il allait avancer avec précaution. La prochaine décision tombe le 9 décembre. Autrement dit, personne ne sait encore si c'est une hausse unique ou le début d'autre chose.

2,5 %
Nouveau taux directeur, 1re hausse depuis 2023
4,70 %
Nouveau taux préférentiel des banques
3,70 %
Meilleur variable 5 ans, passé de 3,45 %

Ce que ça fait aux hypothèques, tout de suite

Le plus direct, c'est le taux préférentiel. La Banque Nationale l'a monté de 25 points à 4,70 % dès le 29 octobre, et les autres grandes banques suivent le même mouvement. Si votre hypothèque est à taux variable, votre paiement grimpe à votre prochain versement, sans que vous ayez rien à faire. Le meilleur taux variable de cinq ans au pays est passé de 3,45 % à 3,70 %. Pour vous donner une idée concrète, sur un prêt d'environ 600 000 $, Ratehub calcule à peu près 82 $ de plus par mois, soit près de 1 000 $ par année.

Le taux fixe, lui, ne bouge pas automatiquement avec la Banque du Canada. Il suit plutôt le marché obligataire. Les meilleurs fixes de cinq ans assurés tournent autour de 4,34 % en ce moment, et ils ne monteront pas simplement parce que la Banque a bougé mercredi. Une partie de la hausse récente du fixe était déjà là, parce que les marchés anticipaient ce geste. Donc si on compare aujourd'hui, le variable coûte encore moins cher que le fixe, mais l'écart entre les deux vient de se refermer un peu.

Si votre prêt est à taux variable, la hausse se voit sur votre prochain versement. Si vous magasinez, un taux garanti pris avant mercredi vient de prendre de la valeur.

Sur la Rive-Sud, le marché était déjà rééquilibré

Bonne nouvelle pour l'acheteur : cette hausse arrive dans un marché qui vous laisse déjà de la marge. En septembre, 4 050 propriétés étaient à vendre sur la Rive-Sud, 32 % de plus qu'un an plus tôt. Il s'est conclu 746 ventes, en recul de 7 % sur un an mais en hausse de 12 % par rapport à août. Les prix médians tiennent : 640 300 $ pour une unifamiliale, à peine 1 % sous l'an dernier, 405 500 $ pour un condo et 775 000 $ pour un plex. Les délais s'allongent aussi, 37 jours en moyenne pour une maison, 57 jours pour un condo. Vous avez le temps de chercher et de négocier, et la hausse de taux ne change pas ça.

Ce que ça veut dire pour vous

  • Vous achetez : si vous avez déjà une préapprobation avec taux garanti prise avant le 28 octobre, vous gardez votre ancien taux, et il vient de valoir plus cher. Si vous n'en avez pas, faites-vous préapprouver maintenant. Un taux garanti bloque votre taux 90 à 120 jours, et si les taux redescendent, la plupart des prêteurs vous donnent le plus bas. Refaites votre budget au nouveau taux variable, pas à celui d'il y a deux semaines. Avec 4 050 propriétés à vendre, vous cherchez sans pression. J'en parle dans mon texte sur acheter cet automne ou attendre le printemps.
  • Vous vendez : le paiement de votre acheteur vient de monter un peu, ce qui rogne son budget à la marge. Avec 32 % d'inscriptions de plus qu'un an plus tôt, c'est votre prix qui décide la vente, pas le communiqué de la Banque. Affichez de façon réaliste, et sachez que l'acheteur déjà préapprouvé et taux garanti est votre offre la plus solide. Si vous hésitez sur le moment, on peut regarder vos chiffres avec une évaluation gratuite.
  • Vous investissez : si l'hypothèque de votre immeuble à revenus est à taux variable, la hausse gruge votre flux de trésorerie dès le mois prochain. Si vous renouvellez, refaites vos chiffres au taux d'aujourd'hui, pas à celui de 2021. Un plex qui tenait à 1,9 % ne tient pas forcément à 4,6 %. Calculez votre taux de capitalisation avec le vrai coût de financement avant d'offrir. J'ai détaillé ça dans mon texte sur le renouvellement hypothécaire d'un immeuble à revenus.

Personne ne peut vous dire ce que la Banque fera le 9 décembre, et Macklem lui-même avance une réunion à la fois. Ce que vous contrôlez, c'est votre dossier : un taux garanti en main, des chiffres faits au vrai taux, et une idée claire de ce que vous pouvez vous permettre. Si vous voulez qu'on regarde ça ensemble avant la fin de l'année, demandez une évaluation gratuite ou écrivez-moi. Vous pouvez aussi relire ce que j'écrivais avant la décision, dans mon texte sur comment préparer votre financement.