Le bilan du printemps est tombé, et il change quelque chose. Pour la première fois depuis des années, il y a assez de maisons à vendre dans le Grand Montréal pour dépasser la moyenne des dix dernières années. C'est nouveau. Et pourtant, une unifamiliale trouve encore preneur en un mois. Voici ce que ça veut dire pour vous avant l'automne.

Le portrait du 2e trimestre

L'APCIQ a publié le 14 juillet ses statistiques du deuxième trimestre 2026. Dans la région métropolitaine de Montréal, qui englobe la Rive-Sud, on comptait en moyenne 20 735 propriétés à vendre sur Centris, une hausse de 14 % sur un an. Le détail vaut la peine : l'inventaire métropolitain se situe maintenant 7 % au-dessus de sa moyenne des dix dernières années. Montréal est la seule région du Québec dans cette situation. Partout ailleurs, le manque de propriétés persiste.

Les ventes, elles, ont reculé de 7 %, avec 13 365 transactions dans la RMR. Plus d'offre, moins de ventes : le marché se rééquilibre, tranquillement, en faveur des acheteurs. Mais le délai de vente ne suit pas encore ce mouvement. Une maison unifamiliale se vend en moyenne en 32 jours, trois de moins qu'il y a un an. Les belles propriétés, bien affichées, partent toujours vite.

20 735
Inscriptions en vigueur, RMR de Montréal (+14 % sur un an)
32 jours
Délai moyen de vente d'une unifamiliale
645 000 $
Prix médian d'une unifamiliale (+3 % sur un an)

Le rééquilibrage ne fait pas baisser les prix

C'est le malentendu que je corrige le plus souvent cet été. On voit l'inventaire monter et on suppose que les prix vont plier. Ce n'est pas ce que montrent les chiffres. Le prix médian d'une unifamiliale dans la région a atteint 645 000 $ au deuxième trimestre, en hausse de 3 %. Le condo suit à 430 000 $ (+1 %) et le plex grimpe à 874 000 $ (+5 %). Les prix progressent dans tous les segments, malgré des ventes en recul.

La hausse est simplement plus douce qu'en 2024 et 2025. Le rééquilibrage change le rythme, pas la direction. Et il ne touche pas tous les segments de la même façon. Le condo se détend le plus vite : son inventaire a bondi de 20 % et il faut désormais 48 jours en moyenne pour en vendre un, soit six de plus que l'an dernier. L'unifamiliale et le plex, eux, restent nettement du côté des vendeurs. C'est cette nuance qui compte quand on planifie un achat ou une vente pour l'automne.

L'offre remonte, mais la demande de fond tient. Le marché ne se retourne pas, il respire.

Le financement, toujours le décideur silencieux

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 15 juillet, un sixième maintien de suite. La prochaine décision arrive en septembre. Cette stabilité aide tout le monde à planifier son automne. Du côté hypothécaire, un taux fixe cinq ans assuré tourne autour de 4,09 % à la fin juillet, quelques prêteurs descendant près de 4 %.

N'oubliez pas le test de résistance. La banque ne vous qualifie pas au taux que vous allez payer, mais à votre taux contractuel plus deux points, ou 5,25 %, selon le plus élevé. C'est ce chiffre qui fixe votre capacité d'emprunt réelle. Avec plus de choix sur le marché, la vraie question n'est pas « qu'est-ce qui est disponible », mais « pour combien je me qualifie ». Faites faire ce calcul avant de visiter quoi que ce soit.

Sur la Rive-Sud, où ça se joue

La Rive-Sud se situe juste sous la médiane métropolitaine, ce qui en fait un point d'entrée plus accessible que l'île tout en gardant une demande solide. Les secteurs familiaux comme Candiac, La Prairie, Saint-Bruno ou Boucherville continuent d'attirer les ménages qui montent en gamme depuis un plus petit logement. C'est là que la tension du moment est la plus visible : plus d'affiches sur les pelouses, mais les maisons prêtes et bien évaluées qui changent de main en quelques semaines. L'APCIQ prévoit d'ailleurs un recul de 6 % des ventes au Québec en 2026, et une hausse de 5 % du prix médian d'une unifamiliale sur l'année. Autrement dit, moins de transactions, mais des prix qui tiennent.

Ce que ça veut dire pour vous

  • Vous achetez : c'est votre meilleure fenêtre depuis deux ans. Avec 14 % d'inscriptions en plus et un inventaire au-dessus de sa moyenne historique, vous avez du choix et une vraie marge pour négocier, surtout côté condo. Mais ne prenez pas les 32 jours à la légère sur l'unifamiliale. Ayez votre préapprobation en main et votre capacité calculée au test de résistance avant de tomber en amour avec une adresse.
  • Vous vendez : vous n'êtes plus seul sur votre rue. Avec plus de concurrence, le prix d'affichage devient l'outil numéro un. Bien évaluée, votre maison se vend encore en un mois. Affichée 5 % trop haut, elle nourrit les statistiques d'inventaire au lieu de se vendre. Le prix de départ décide de presque tout.
  • Vous investissez : le mur de l'accès à la propriété garde beaucoup de ménages en location, et la demande locative sur la Rive-Sud reste soutenue. Le plex a affiché la plus forte valorisation du trimestre, à 874 000 $ de prix médian, en hausse de 5 %, dans un segment qui demeure clairement favorable aux vendeurs.

Ces chiffres sont des repères régionaux, pas le portrait de votre rue. Chaque quartier, chaque type de propriété bouge à son rythme. Si vous voulez savoir ce que votre maison vaut vraiment dans le marché d'aujourd'hui, demandez une évaluation ou écrivez-moi. On regarde vos chiffres ensemble. Vous pouvez aussi lire mon analyse sur la façon de fixer son prix de vente.