« Le marché est mort, non? » Un acheteur m'a posé la question la semaine dernière, sur le pas d'une porte à Brossard. Je comprends l'impression. Mais les chiffres de septembre racontent autre chose.

Les ventes sont reparties en septembre

Après un été tranquille, la Rive-Sud a retrouvé du mouvement. En septembre, 746 propriétés ont trouvé preneur dans la région, soit 12 % de plus qu'en août, selon les données de l'APCIQ. Oui, c'est encore 7 % de moins qu'au même mois l'an dernier. Mais la direction a changé : on monte, on ne descend plus.

Il faut lire ce rebond dans le rythme de l'année. En janvier, la Rive-Sud tournait à 559 ventes par mois. Le sommet du printemps est arrivé en mars, à 1 284 transactions. L'été a ralenti, comme chaque année. Et septembre a relancé la machine. C'est le cycle normal de l'immobilier au Québec, pas un signal de crise.

+12 %
Hausse des ventes entre août et septembre sur la Rive-Sud (APCIQ)
746
Ventes en septembre, 7 % de moins qu'un an plus tôt
4 050
Inscriptions actives, en hausse de 32 % sur un an

« Le marché est mort » : pourquoi c'est faux

Quand on entend ça, c'est presque toujours une comparaison avec 2021. À l'époque, une propriété correcte partait en 48 heures avec cinq offres. Par rapport à ça, oui, tout paraît lent. Mais 2021 n'était pas normal, c'était une anomalie. Le marché d'aujourd'hui ressemble bien plus à celui d'avant la pandémie : il fonctionne, il demande juste du travail des deux côtés.

Ce qui a vraiment changé, c'est la vitesse. Une unifamiliale bien affichée se vendait en 37 jours environ en septembre, un condo plutôt vers 57 jours. En mars, c'était 31 jours pour une maison et 39 pour un condo. Les choses prennent plus de temps, mais elles se font. Les acheteurs sont là, ils magasinent, ils comparent, puis ils achètent.

Le marché n'est pas mort. Il a juste cessé de courir, et beaucoup de gens confondent les deux.

Plus de choix, des prix qui tiennent

La grande nouvelle de l'automne, c'est l'inventaire. En septembre, 4 050 propriétés étaient à vendre sur la Rive-Sud, soit 32 % de plus qu'un an plus tôt. Il s'est aussi ajouté 1 616 nouvelles inscriptions dans le mois, en hausse de 20 %. L'acheteur a enfin du choix, et ça se voit dans sa façon de négocier.

On pourrait croire que plus d'offre tire les prix vers le bas. Pour l'instant, non. Le prix médian d'une unifamiliale sur la Rive-Sud s'établissait à 640 300 $ en septembre, à peine 1 % sous l'an dernier. Le condo tournait autour de 405 500 $, en léger repli de 3 %. Les prix tiennent, ils ne s'effondrent pas. L'APCIQ le confirme à l'échelle de la région métropolitaine : la plupart des marchés avantagent encore le vendeur, et l'unifamiliale reste nettement de son côté. L'économiste de l'association ne s'attend pas à un vrai marché équilibré avant la mi-2027.

Le financement, toujours en toile de fond

Rien de neuf du côté des taux, et c'est justement ça qui compte. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre, un septième arrêt de suite, et sa prochaine décision tombe le 28 octobre, dans deux jours. Le taux préférentiel reste à 4,45 %. Les meilleurs taux fixes de cinq ans tournent autour de 4,4 à 4,6 % au Québec et ont plutôt tendance à remonter un peu cet automne qu'à baisser. Le variable descend près de 3,4 % pour les meilleurs dossiers assurés. Personne ne devrait reporter un projet en espérant une baisse de taux d'ici Noël.

Ce que ça veut dire pour vous

  • Vous vendez : l'automne est une vraie saison de vente, pas une salle d'attente avant le printemps. Les acheteurs de septembre à novembre sont souvent plus sérieux que les curieux de mai. Mais avec 4 050 propriétés en concurrence, votre prix du premier jour fait tout. Affichez juste, présentez bien, et vous vous démarquez d'un inventaire plus gros que l'an dernier.
  • Vous achetez : vous avez du choix et du temps, deux choses que vous n'aviez pas récemment. Gardez vos conditions d'inspection et de financement, visitez plusieurs maisons, regardez l'historique de prix des inscriptions affichées depuis six ou huit semaines. Sur une propriété rare et bien située, soyez quand même prêt à bouger, parce que celles-là attirent encore de la concurrence.
  • Vous investissez : l'automne, c'est la fenêtre tranquille. Moins d'acheteurs émotifs en compétition avec vous, et des vendeurs dont le condo ou le plex traîne depuis deux mois qui écoutent une offre sérieuse. Gardez votre discipline sur le prix et le rendement, et profitez d'une concurrence plus mince qu'elle le sera au printemps.

Ces chiffres valent pour la Rive-Sud en général, pas pour votre rue. Un bungalow de Saint-Lambert ne suit pas la même courbe qu'une maison neuve de La Prairie, et un condo près du REM à Brossard se négocie autrement qu'un vieux trois et demi. Avant d'afficher ou de déposer une offre, parlons de vos comparables réels. Demandez une évaluation gratuite ou écrivez-moi, et on regarde votre cas précis. Vous pouvez aussi relire mon analyse sur vendre cet hiver ou attendre le printemps.