Chaque année à pareille date, la même question revient dans mes rendez-vous : est-ce que je mets ma maison en vente maintenant, ou est-ce que j'attends le printemps? C'est une bonne question. Et cette année, la réponse honnête n'est pas la même pour tout le monde.

Pourquoi la question se pose vraiment cet automne

Le vieux réflexe dit d'attendre le printemps, quand le soleil revient et que les acheteurs sortent. Sauf que le marché de 2026 ne ressemble pas à celui d'il y a quatre ans. En septembre, il y avait 4 050 propriétés à vendre sur la Rive-Sud, soit 32 % de plus qu'un an plus tôt, selon l'APCIQ. Les ventes, elles, ont reculé de 7 %, à 746 transactions. Il y a donc déjà beaucoup d'inscriptions sur le marché, et les délais de vente s'allongent : 37 jours pour une maison unifamiliale, mais 57 pour un condo et 61 pour un plex.

Et du côté du financement, rien n'indique que patienter va rendre l'argent moins cher. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre, pour une septième fois de suite, et sa prochaine décision tombe le 28 octobre. Personne ne parle de baisse pour cette rencontre. Les marchés obligataires misent même sur une possible hausse d'ici la fin de l'année. Le cinq ans fixe tourne autour de 4,4 %. Autrement dit, les acheteurs du printemps n'auront pas forcément plus de budget que ceux de cet hiver.

4 050
Propriétés à vendre sur la Rive-Sud en septembre, +32 % sur un an
37 à 61 j
Délai de vente selon le type : maison 37 j, condo 57 j, plex 61 j
2,25 %
Taux directeur maintenu, prochaine décision le 28 octobre

Vendre pendant la saison froide

L'hiver a mauvaise réputation, et c'est en partie mérité : il y a moins d'acheteurs qui se promènent en janvier qu'en mai. Mais c'est seulement la moitié de l'histoire. Les gens qui visitent une maison en plein mois de février ne le font pas pour tuer le temps. Ils achètent parce qu'ils ont une mutation, un bail qui finit, un bébé en route ou un financement déjà approuvé. Ce sont des acheteurs sérieux, pas des curieux du dimanche.

En face, votre maison a aussi moins de concurrence. Beaucoup de vendeurs retirent leur inscription en décembre ou attendent avant d'afficher. Pendant ces mois plus tranquilles, une maison bien présentée et bien évaluée ressort du lot, parce qu'il y a moins de pancartes dans la même gamme de prix. Une maison prête et affichée au bon chiffre se vend très bien en janvier. Je l'ai vu assez souvent pour ne plus croire au mythe du marché mort l'hiver.

Attendre le printemps : ce que ça promet, et ce que ça ne promet pas

Le printemps apporte plus d'acheteurs, c'est vrai. Mais il apporte aussi plus de vendeurs. Tout le monde a le même plan : afficher dès que la neige fond. En septembre, il y avait déjà 1 616 nouvelles inscriptions sur la Rive-Sud, 20 % de plus qu'un an plus tôt. Au printemps, ce flot gonfle encore. Vous passez donc d'un marché avec plus d'acheteurs à un marché avec beaucoup plus de maisons à vendre en même temps que la vôtre.

Il faut aussi regarder les prix d'aujourd'hui plutôt que ceux qu'on espère. En septembre, le prix médian d'une unifamiliale sur la Rive-Sud était de 640 300 $, en baisse de 1 % sur un an. Le condo était à 405 500 $, en recul de 3 %. Le plex à 775 000 $, en hausse de 2 %. Rien n'indique une remontée franche au printemps avec des taux qui ne baissent pas. Attendre, ce n'est pas garanti gagnant : c'est échanger un peu plus de trafic contre pas mal plus de compétition, et parier sur des taux qui pourraient même monter entre-temps.

Le printemps amène plus d'acheteurs, mais aussi plus de pancartes. Vous ne contrôlez pas le nombre d'acheteurs. Vous contrôlez contre combien de maisons la vôtre se retrouve.

Ce que ça veut dire pour vous

  • Vous vendez une maison : si la vôtre se présente bien et que vous êtes prêt à afficher au vrai prix du marché, l'hiver est une vraie option, pas un pis-aller. Moins d'acheteurs, mais sérieux, et moins de concurrence directe. Si vous avez de la flexibilité, préparez la maison dès maintenant pour afficher tôt, en février ou début mars, avant la vague du printemps plutôt qu'au cœur de celle-ci. Dans tous les cas, la préparation se fait maintenant : j'en parle dans mon texte sur préparer sa maison à vendre.
  • Vous vendez un condo : c'est le segment où il faut être le plus réaliste. Le délai de vente est monté à 57 jours et les prix ont reculé de 3 % sur un an. Un condo affiché trop haut va rester sur le marché, hiver comme printemps. Ici, le prix de départ compte plus que la saison. On le cale sur les ventes récentes de l'immeuble ou du secteur, pas sur l'espoir, comme j'explique dans comment fixer son prix de vente.
  • Vous achetez : l'hiver joue pour vous. Moins d'acheteurs autour de vous, des vendeurs motivés, des inscriptions qui ont vieilli et qui deviennent négociables. Faites approuver votre financement avant de magasiner, pour être prêt à déposer une offre réfléchie quand la bonne propriété passe.
  • Vous vendez un plex ou un immeuble à revenus : ce marché-là ne suit pas vraiment les saisons, il suit les chiffres. Le plex médian est à 775 000 $, en légère hausse, mais le délai de vente a bondi à 61 jours. Un investisseur achète selon les revenus et le rendement, pas selon le coup de cœur. Alignez le prix sur le taux de capitalisation réel du secteur et un acheteur sérieux, financement en main, se présentera en janvier aussi bien qu'en juin.

Ces repères valent pour la Rive-Sud en général. Votre propriété, elle, a son propre dossier : son secteur, son état, sa concurrence directe cette semaine. Avant de choisir entre afficher maintenant ou attendre, regardons vos vrais comparables et votre échéancier ensemble. Demandez une évaluation gratuite ou écrivez-moi, et on bâtit la stratégie qui convient à votre situation.