Près d'un million de ménages canadiens renouvellent leur hypothèque cette année, et la plupart le feront à un taux plus élevé qu'au départ. Sur la Rive-Sud, beaucoup de propriétaires qui avaient signé au creux de 2021 arrivent à échéance en 2026. Voici comment je leur conseille d'aborder ce moment, et ce que ça change même si vous ne renouvelez pas.
Pourquoi 2026 est une année de renouvellement pas comme les autres
Le calcul est simple. Un prêt de cinq ans signé au printemps 2021 vient à échéance au printemps 2026. Or, en février 2021, le meilleur taux fixe de cinq ans se trouvait à 1,39 % et le meilleur variable à 0,99 %. C'étaient des taux planchers, mis en place pour amortir le choc de la pandémie. Ils n'existent plus.
Aujourd'hui, le meilleur cinq ans fixe assuré tourne autour de 4 %, et les grandes banques affichent plutôt 4,20 % à 4,25 %. Passer de 1,4 % à 4 % sur un solde de plusieurs centaines de milliers de dollars, ça se sent chaque mois. La SCHL a déjà compté 1,5 million de ménages qui ont renouvelé à un taux plus élevé en 2025. En 2026, c'est au tour d'environ un million d'autres.
Selon l'analyse de Ratehub, un ménage qui renouvelle un prêt à taux fixe en 2026 paie en moyenne 622 $ de plus par mois, soit une hausse d'environ 24 %, ou près de 7 500 $ sur l'année. Ceux qui avaient un taux variable ont déjà absorbé la hausse au fil des cinq dernières années : pour eux, le choc au renouvellement est minime, autour de 1 %.
Un exemple concret sur la Rive-Sud
Prenons un couple qui a acheté à Longueuil en 2021, disons 550 000 $ avec 20 % de mise de fonds, un prêt de 440 000 $ à un taux fixe de cinq ans autour de 1,5 %, amorti sur 25 ans. Son paiement mensuel tournait autour de 1 760 $. Cinq ans plus tard, il reste à peu près 365 000 $ à payer. Renouveler ce solde à 4 % sur les vingt années restantes, c'est un paiement d'environ 2 220 $ par mois. On parle de près de 460 $ de plus, chaque mois, pour la même maison.
Ce chiffre est un exemple, pas une moyenne de marché. Mais il illustre la mécanique que je vois chez mes clients. Le paiement grimpe même quand le solde a baissé, parce que l'écart de taux fait plus que compenser. C'est exactement pour ça que le renouvellement mérite un peu de préparation, et pas juste une signature au bas de la lettre de la banque.
Les taux ne baisseront probablement pas d'ici là
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 15 juillet, une sixième décision de maintien d'affilée. La prochaine annonce est le 2 septembre. L'inflation est jugée temporaire, mais les tensions au Moyen-Orient et la politique commerciale américaine gardent la banque prudente. La plupart des prévisions voient les taux fixes de cinq ans rester dans les bas 4 % pour le reste de 2026, avec une légère pression à la hausse plutôt qu'à la baisse.
Autrement dit : attendre une grosse baisse avant de renouveler, c'est un pari risqué. Si vous approchez de l'échéance, la vraie question n'est pas « quand les taux vont-ils descendre », mais « comment je m'organise avec les taux d'aujourd'hui ».
Ce que je conseille de faire, dès maintenant
Ne signez pas la première offre de votre banque. La lettre de renouvellement arrive souvent trois ou quatre mois avant l'échéance, et le taux proposé est rarement le meilleur du marché. Les meilleurs taux sont gardés pour attirer de nouveaux clients, pas pour retenir ceux qui sont déjà là.
Magasinez et gardez une garantie de taux. Une préapprobation avec garantie de taux tient jusqu'à 120 jours. Si les taux montent pendant ce temps, vous êtes protégé; s'ils baissent, vous obtenez généralement le taux plus bas. Un courtier hypothécaire compare l'ensemble du marché pour vous, souvent avec des offres de transfert sans pénalité.
Repensez la structure du prêt. Le renouvellement est le bon moment pour changer de terme, passer du fixe au variable, ou refinancer pour consolider une dette plus chère. Si le nouveau paiement pèse trop lourd, allonger l'amortissement réduit la mensualité, mais coûte plus cher en intérêts sur la durée. À utiliser en dernier recours, en parlant à son prêteur tôt.
Ce que ça veut dire pour vous
- Vous renouvelez cette année : commencez à magasiner trois à quatre mois avant l'échéance. Obtenez au moins deux ou trois offres, et n'hésitez pas à passer à un autre prêteur. La différence entre le taux de votre banque et le meilleur du marché peut représenter des milliers de dollars sur le terme.
- Vous achetez sur la Rive-Sud : le nouveau paiement plus élevé fait partie du budget dès le départ, pas d'une mauvaise surprise dans cinq ans. Faites calculer votre capacité avec les taux réels d'aujourd'hui, gardez votre préapprobation à jour, et profitez d'un inventaire au plus haut en dix ans pour négocier.
- Vous vendez ou investissez : sachez que l'acheteur en face de vous compte souvent son budget au dollar près, parce qu'il absorbe peut-être son propre renouvellement en même temps. Un prix juste dès le premier jour reste la meilleure stratégie. Côté immeuble à revenus, un renouvellement mieux structuré peut faire la différence entre un projet rentable et un projet serré.
Vous vous demandez si c'est le bon moment pour renouveler, vendre ou racheter à Brossard, Saint-Lambert, Longueuil, La Prairie ou Candiac? Demandez une évaluation gratuite de votre propriété ou écrivez-moi directement. Je réponds personnellement, et pour la portion financement, je vous mets en lien avec un courtier hypothécaire de confiance.
Sources
- Ratehub — Renouveler son hypothèque en 2026 : à quoi s'attendre (hausse moyenne de 622 $/mois, +24 %; taux de 2021)
- Banque du Canada — Maintien du taux directeur à 2,25 % (15 juillet 2026; prochaine annonce le 2 septembre)
- Ratehub — Meilleurs taux hypothécaires 5 ans fixe au Canada (juillet 2026, autour de 4 %)
- SCHL/CMHC — Perspectives du marché de l'habitation 2026 et vague de renouvellements
- nesto — Prévisions des taux hypothécaires au Canada 2026-2030
- APCIQ — Statistiques résidentielles Centris, RMR de Montréal, juin 2026