Depuis un an, presque tout le monde attend la prochaine baisse de taux avant de bouger. Le scénario qui prend forme cet automne est l'inverse : la Banque du Canada pourrait remonter son taux en octobre. Voici ce que ça change pour vous, sans dramatiser.

Sept maintiens, et un vent qui tourne

Le 2 septembre, la Banque du Canada a laissé son taux directeur à 2,25 %. C'était un septième maintien de suite. Rien de nouveau en apparence. Ce qui a changé, c'est le ton derrière la décision.

L'inflation globale est remontée à 3,0 %, tout en haut de la fourchette cible de 1 à 3 % de la Banque. Une bonne partie de cette poussée vient du prix de l'énergie. Les mesures de fond que la Banque surveille le plus tournent encore autour de 2 %, mais la marge pour couper des taux s'est refermée. La majorité des économistes prévoient un maintien jusqu'à la fin de l'année. Deux des six grandes banques du pays, la Banque Nationale et la Banque Scotia, voient plutôt une hausse à 2,50 % le 28 octobre, puis 2,75 % d'ici décembre.

2,25 %
Taux directeur, maintenu une 7e fois de suite (2 septembre)
3,0 %
Inflation globale, au sommet de la cible de 1 à 3 %
4,39 %
Cinq ans fixe le plus bas au Québec (nesto, 11 septembre)

Pourquoi ça compte, même si rien n'est décidé

Une prévision n'est pas un fait. Personne ne sait ce que la Banque fera le 28 octobre, et il reste des données d'inflation et d'emploi à publier d'ici là. Mais le seul fait qu'une hausse soit sur la table change la façon de planifier. Pendant un an, la question était « combien de temps j'attends une baisse ». Aujourd'hui, la vraie question est « qu'est-ce que je fais si le prochain mouvement est vers le haut ».

Le variable suit le taux directeur presque immédiatement. Si la Banque monte de 0,25 %, un prêt variable coûte plus cher dès le mois suivant. Le fixe, lui, dépend surtout du marché obligataire et bouge à l'avance. En ce moment, au Québec, le cinq ans fixe le plus bas tourne autour de 4,39 % et le variable près de 3,45 %. L'écart entre les deux s'est réduit, ce qui rend le choix moins évident qu'il y a six mois.

Attendre une baisse qui pourrait ne pas venir, c'est parier. Bâtir un plan qui tient dans les deux scénarios, c'est se protéger.

Le marché de la Rive-Sud vous laisse du temps

Bonne nouvelle : côté immobilier, la pression a baissé. En août, la Rive-Sud comptait 3 703 propriétés à vendre, soit 28 % de plus qu'un an plus tôt, avec 664 ventes conclues, en recul de 15 %. Plus de choix, moins de course. Vous avez le temps de magasiner votre financement et de comparer avant de déposer une offre.

Ça veut aussi dire qu'une hausse de taux ne se traduirait pas mécaniquement par une chute des prix. Les prix tiennent dans la plupart des segments malgré le ralentissement des ventes. Un taux un peu plus haut réduit surtout votre capacité d'emprunt, pas forcément le prix affiché de la maison que vous visez. C'est votre budget qui bouge en premier.

Ce que ça veut dire pour vous

  • Vous achetez : faites-vous préapprouver maintenant. Une préapprobation bloque un taux de 90 à 120 jours. Si le taux monte le 28 octobre, vous gardez le vôtre; s'il baisse, vous profitez du plus bas des deux. Vous n'avez rien à perdre à sécuriser un taux tôt cet automne, et beaucoup à gagner si le scénario de hausse se réalise.
  • Vous vendez : ne comptez pas sur une baisse de taux pour ramener les acheteurs. Elle n'est plus l'hypothèse principale. Le levier qui compte reste le prix de départ, juste, et une maison prête à visiter. Dans un marché à 28 % d'inscriptions de plus, c'est la propriété bien préparée et bien affichée qui sort du lot, pas celle qui attend un coup de pouce de la Banque.
  • Vous renouvelez ou vous investissez : si votre hypothèque se renouvelle dans les 6 à 12 prochains mois, parlez à votre prêteur dès maintenant d'une entente anticipée. Pour un immeuble à revenus, refaites vos calculs avec un taux stable ou légèrement plus élevé, pas avec la baisse qu'on espérait au printemps. Un projet qui tient à 2,25 % ou 2,50 % est un projet solide.

Ces repères valent pour l'ensemble de la Rive-Sud, pas pour votre dossier précis. Le bon choix entre fixe et variable, le bon moment pour bloquer un taux et le bon prix dépendent de vos chiffres à vous. Avant de décider, parlons-en. Demandez une évaluation gratuite ou écrivez-moi, et on bâtit un plan qui tient, que le taux monte ou non. Vous pouvez aussi relire mon texte sur faut-il attendre une baisse de taux avant d'acheter.