Si vous pensez vendre cet automne, la décision se prend maintenant, pas en septembre. Le marché de l'été vient de nous donner ses chiffres, et ils dessinent une fenêtre précise pour les vendeurs de la Rive-Sud. Voici ce que je vois et ce que j'en fais avec mes clients cette semaine.

Le marché de l'été, en trois faits

L'APCIQ a publié le bilan du deuxième trimestre le 14 juillet. Au Québec, 27 296 propriétés ont changé de mains entre avril et juin, soit 5 % de moins qu'à la même période l'an dernier. C'est un troisième trimestre de suite en baisse. En même temps, l'offre remonte : le nombre d'inscriptions actives sur Centris a grimpé de 14 %, pour atteindre 41 466 propriétés à vendre dans la province.

Malgré ce ralentissement, les prix tiennent. Le prix médian d'une maison unifamiliale au Québec s'établit à 523 250 $, en hausse de 5 % sur un an. Dans la région métropolitaine de Montréal, qui englobe la Rive-Sud, la médiane d'une unifamiliale atteint 645 000 $, un gain de 3 %. Le condo suit à 430 000 $ et le plex à 874 000 $.

+14 %
Inscriptions actives au Québec, sur un an (T2 2026)
645 000 $
Prix médian unifamiliale, région de Montréal (+3 %)
32 jours
Délai de vente moyen d'une maison, région de Montréal

Plus de choix pour l'acheteur, moins de marge pour le prix trop haut

Voilà le vrai changement. Pendant trois ans, un acheteur de la Rive-Sud avait rarement plus de deux ou trois maisons sérieuses à visiter dans son secteur. Aujourd'hui il en a davantage. Quand l'offre monte de 14 %, l'acheteur reprend un peu de pouvoir de négociation. Il compare, il attend, il n'achète plus n'importe quoi à n'importe quel prix.

Ça ne veut pas dire que le marché s'effondre. Les maisons continuent de se vendre vite : 32 jours en moyenne pour une unifamiliale dans la région de Montréal, trois jours plus rapidement qu'il y a un an. Le vendeur garde l'avantage sur l'unifamiliale et le plex. Mais la marge d'erreur sur le prix a rétréci. Une maison affichée 40 000 $ trop cher ne se fait plus rattraper par un marché en surchauffe. Elle stagne, elle vieillit sur Centris, puis elle se vend sous sa valeur.

Le prix d'affichage n'est plus une invitation à la surenchère. C'est un filtre. Trop haut, il écarte les bons acheteurs avant même la première visite.

Le condo bouge plus vite que la maison

Si vous vendez un condo, la lecture change un peu. C'est le segment qui se rééquilibre le plus rapidement. L'inventaire de copropriétés a bondi de 20 % sur un an dans la région de Montréal, et le délai de vente s'allonge : 48 jours en moyenne, six de plus qu'il y a un an. Le prix médian du condo tient, à 430 000 $, mais avec seulement 1 % de hausse. Sur la Rive-Sud, un condo bien préparé et correctement affiché se vend encore bien. Un condo surévalué reste sur le marché tout l'automne.

Pourquoi préparer sa vente dès juillet

La rentrée relance toujours le marché. Après le creux des vacances, les acheteurs sérieux reviennent en septembre, souvent avec une préapprobation en main et l'objectif de conclure avant l'hiver. Pour capter cette vague, votre maison doit déjà être prête, pas encore en travaux.

Préparer une mise en marché sérieuse prend de trois à six semaines : petites réparations, désencombrement, home staging léger, photos professionnelles, et surtout une évaluation juste basée sur les ventes récentes de votre rue, pas sur ce qu'un voisin espérait obtenir en 2022. Commencer maintenant, c'est arriver sur le marché en pleine forme au moment où la demande remonte, plutôt que de courir en octobre derrière les vendeurs qui s'y sont pris d'avance.

Et si vous achetez aussi

Beaucoup de mes clients vendent pour acheter. La bonne nouvelle : la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 15 juillet, et la prochaine décision n'est que le 2 septembre. Les taux hypothécaires sont stables, avec un fixe cinq ans assuré autour de 3,99 % et un variable près de 3,45 %. Vous pouvez calculer votre prochaine mensualité sans craindre une surprise à court terme. Et comme l'offre a augmenté, vous avez plus de choix comme acheteur qu'il y a un an. Vendre et racheter dans le même marché reste l'opération la plus sûre : vous encaissez et vous dépensez aux mêmes conditions.

Ce que ça veut dire pour vous

  • Vous vendez une unifamiliale : vous gardez l'avantage, mais fixez le juste prix dès le départ. Le marché ne pardonne plus la surévaluation. Une évaluation basée sur les ventes comparables de votre secteur vaut mieux qu'un chiffre rond.
  • Vous vendez un condo : agissez tôt et soignez la présentation. L'inventaire monte vite dans ce segment, alors la première impression et le bon prix font toute la différence.
  • Vous vendez pour racheter : profitez de la stabilité des taux et du choix plus large. Coordonner les deux transactions au même moment vous protège des écarts de marché.

Chaque rue a son propre marché, et une médiane régionale ne vous dira jamais ce que vaut votre adresse précise. Si vous envisagez de vendre cet automne sur la Rive-Sud, demandez une évaluation gratuite ou écrivez-moi. On regarde vos chiffres et on bâtit le calendrier ensemble. Vous pouvez aussi relire mon analyse sur comment fixer son prix de vente en 2026.